TheFakesXAndDespaired
J'm'appel Timothé, c'est la seule chose qui reste importante dans ce texte, que vous ne le continuez pas, je m'en contre fou. Je vis quelque part, entre le rêve et la réalité, entre le virtuel et le vrai. J'ai 14ans, toutes mes dents, quelques carries, des tâches de rousseurs, des boutons, des lunettes que je trouve laides. Je ne peux m'empêcher de me plaindre, vous le remarquerez, j'aime faire culpabiliser les incapables, attaquer les innocents, car je suis lâche et que je refoule toutes mes pensées. J'ai une conception du bonheur égoïste, je cultive l'arrogance lorsque je vais mal, je ne sais pas réconforter, ni changer un pneu de voiture, je n'aime pas parler de mes sentiments et j'ignore comment complimenter, même si parfois ça m'arrive de dire des choses gentilles. Je suis le genre de garçon qui a une vie facile, mais qui ne peut jamais s'empêcher de parler de ses problèmes aux autres. Je parle peu quand je ne connais pas, je n'aime pas annoncer mon prénom, je trouve qu'il me fait perdre en crédibilité. Je pense que je me bas pour des causes justes, comme l'homophobie, ou le racisme. J'aime la musique, ça passe par tout les genres, sauf peut être le rap. Je suis solitaire, enfermé dans ma chambre, loin de mes parents, des jeunes, de mon collège, je ne m'attarderais pas sur ma platonique vie sentimentale. Je n'aime pas l'école, me lever le matin pour y aller, c'est une vraie plaie. Je trouve que l'herbe n'est pas assez verte, que Mme Maureen est une arnaqueuse, que Taillefer est une incapable, mais ça, seulement les élèves de mon collège le comprendront. J'ai des amis, pas énormément, à vrai dire, on me juge jamais au-delà de mon apparence, c'est toujours plus facile de cracher sur quelqu'un qu'on ne connait pas. Je suis le genre de mec qui déteste les sports d' « hommes », qui passe son temps sur le PC, à lire, à écrire, ou à prendre des photos. Je suis un gaffeur, je parle souvent sans réfléchir, quitte à blesser mes amis, ou à les mettre dans des situations embarrassantes. Je n'aime pas mes cheveux, et j'aime encore moins ceux qui me demande si mon coiffeur est mort alors qu'on ne se connait ni d'Adam, ni d'Eve. Je me trouve ni beau, ni laid, je me trouve banal, et j'entretiens mon invisibilité, je préfère que l'on m'oublie que quand on en loupe jamais une pour me faire une remarque ou me rabaisser.
Avenir incertain d'un garçon en détresse,
Il voulait mourir, laisser partir sa peine,
Oublier tous ces jours à la même rengaine...
Shakespeare
Photo: Mathilde, Tu Pourriras TT